En Ontario, les diagnostics de troubles psychotiques sont plus fréquents chez les nouvelles générations
02/02/2026
Le 2 février 2026 – Selon une nouvelle étude menée par l’Université d’Ottawa, les nouvelles générations reçoivent plus souvent, et à un plus jeune âge, un diagnostic de trouble psychotique (comme la schizophrénie) que les générations plus âgées.
L’étude a recensé les nouveaux diagnostics de troubles psychotiques entre 1993 et 2023 auprès d’un échantillon de plus de 12 millions de personnes nées entre 1960 et 2005. Au total, 152 587 diagnostics ont été comptabilisés. Les chercheuses et chercheurs de l’Université d’Ottawa, de l’ICES, de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, de l’Institut de recherche Santé Bruyère et de l’Hôpital général North York ont constaté que les taux de nouveaux diagnostics de troubles psychotiques ont commencé à augmenter chez les personnes nées pendant et après les années 1980.
On estime par exemple que les taux sont 70 % plus élevés chez les personnes nées entre 2000 et 2004 que chez celles nées entre 1975 et 1979. Le nombre total de personnes ayant reçu un diagnostic de trouble psychotique avant l’âge de 30 ans a augmenté de 37,5 % chez les personnes nées entre 1990 et 1994, par rapport à celles nées entre 1975 et 1979.
Comme l’explique le Dr Daniel Myran, professeur adjoint à l’Université d’Ottawa : « les troubles psychotiques peuvent avoir de graves répercussions sur la vie d’une personne, notamment sur sa santé mentale et physique, son cheminement scolaire, son travail et ses relations. L’augmentation des diagnostics chez les personnes nées dans les années 1980 et 1990 peut en partie s’expliquer par de meilleurs soins et des diagnostics précoces, mais la tendance soulève d’importantes questions quant à l’exposition aux facteurs de risques d’une génération à l’autre. »
« On ne sait pas encore ce qui provoque ces changements, mais divers facteurs entrent probablement en ligne de compte. Pour pouvoir prévenir et intervenir rapidement, on doit comprendre les causes à l’origine de cette tendance », ajoute-t-il.
Les facteurs de risque associés aux troubles psychotiques, notamment la consommation de substances en bas âge et la parentalité à un âge plus avancé, pourraient contribuer à l’augmentation des troubles psychotiques.
Principaux constats
- Le taux d’incidence des troubles psychotiques chez les personnes âgées de 14 à 20 ans a augmenté de 60 %, passant de 62,5 à 99,7 pour 100 000 individus.
- Par rapport aux Ontariennes et Ontariens nés entre 1975 et 1979, l’incidence de la schizophrénie était 70 % plus élevée chez les personnes nées entre 2000 et 2004.
- Le nombre total de personnes ayant reçu un diagnostic de trouble psychotique avant l’âge de 20 ans et de 30 ans était 74,1 % et 37,5 % plus élevé, respectivement, pour les personnes nées entre 1990 et 1994 par rapport à celles nées entre 1975 et 1979.
« Certaines études internationales suggèrent que la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques sont en hausse chez les jeunes, mais la nôtre est la première à se pencher sur de récentes cohortes de naissance en Amérique du Nord », fait remarquer le Dr Marco Solmi, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa et coauteur de l’étude.
Parmi les limites de l’étude, notons l’absence dans les estimations cumulatives des personnes nées dans les années 1960 et au début des années 1970 qui ont développé un trouble psychotique au début de l’âge adulte, sans avoir d’interactions avec le système de santé.
L’étude, intitulée « Increasing psychotic disorders by birth cohort: a population-based cohort study in Ontario, Canada » est publiée dans le numéro de février de la revue CMAJ.
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