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Comprendre où meurent les personnes qui ont un trouble lié à la consommation d’opioïdes : l’importance du milieu de soins palliatifs

20/01/2026

Malgré l’attention croissante portée à la crise d’intoxication liée aux opioïdes, nous savons peu de choses sur l’influence qu’ont les soins palliatifs sur l’expérience de fin de vie des personnes atteintes d’un trouble lié à l’usage d’opioïdes (TCO). Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Palliative Care offre une analyse du lien qui existe entre le recours aux soins palliatifs et le lieu du décès chez les adultes atteints d’un TCO.

« Les personnes atteintes d’un trouble lié à la consommation d’opioïdes font face à de graves problèmes de santé, parmi lesquels un risque élevé de comorbidité et de mortalité prématurée », selon les explications de Lisa Boucher, chercheuse postdoctorale à l’Institut de recherche Santé Bruyère et auteure principale de l’étude. « Qui plus est, ces personnes sont touchées de manière disproportionnée par les désavantages socioéconomiques, ce qui limite leur capacité à accéder à des soins palliatifs ou à mourir dans les conditions qu’elles souhaitent », ajoute-t-elle.

À partir des données administratives sur la santé en Ontario, les chercheurs ont recensé 11 200 adultes atteints d’un TCO qui sont décédés entre 2015 et 2021 et, en étudiant leur lieu de décès, ont établi s’ils avaient reçu des soins palliatifs en milieu hospitalier ou ambulatoire, ou s’ils n’en avaient reçu aucun au cours des 90 derniers jours de leur vie.

La moitié des personnes décédées n’avait reçu aucun soin palliatif au cours des trois derniers mois précédant leur décès. Parmi les personnes qui avaient reçu des soins, les deux tiers avaient bénéficié uniquement de soins palliatifs en milieu hospitalier, tandis qu’à peine un tiers environ avait reçu des soins en milieu ambulatoire.

Les soins palliatifs dispensés uniquement en milieu hospitalier ont été associés à une probabilité moindre de décès à domicile par rapport à l’absence de soins palliatifs, et à l’exception des patients atteints d’un cancer. Les soins palliatifs ambulatoires n’ont pas montré de lien évident avec le lieu du décès, sauf dans le cas des personnes atteintes d’un cancer, pour lesquelles le recours à des soins palliatifs ambulatoires était associé à une plus grande probabilité de décès à domicile.

« De nombreux patients expriment leur préférence pour mourir à domicile ou dans un établissement extrahospitalier, et le lieu du décès constitue généralement un indicateur de qualité dans les soins palliatifs », ajoute la chercheuse. « On s’entend pour dire que les disparités en matière d’accès aux soins palliatifs pour les groupes marginalisés sont de plus en plus reconnues; cependant, il est important de comprendre dans quelle mesure les conditions de fin de vie des personnes atteintes d’un TCO correspondent à leurs préférences et à leurs besoins, et si des facteurs structurels, tels que l’accès, le soutien social et la stigmatisation, influencent le lieu et la manière dont ces personnes reçoivent des soins et décèdent. »

Cette étude, intitulée « Relationship Between Palliative Care and Location of Death Among People With Opioid Use Disorder: A Retrospective Cohort Study » (en anglais seulement) a été publiée dans le Journal of Palliative Care.


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Elle a été financée en partie par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Programme des politiques et des stratégies en matière de soins de santé de Santé Canada.