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Explorer la manière dont les compagnons alimentés par l’IA peuvent contrer la solitude

23/07/2026

Étudiante à l’honneur : Kineta Tober
 
Kineta Tober, étudiante à la maîtrise en comportements dans le cyberespace et en cyberthérapie, a toujours axé ses recherches sur la personne.
 
Actuellement, Mme Tober effectue un stage conjoint chez Santé Bruyère et à l’Université du Québec en Outaouais. Elle étudie la façon dont les compagnons virtuels alimentés par l’intelligence artificielle peuvent soutenir les aînés atteints d’un trouble cognitif léger ou de démence légère. Sa thèse porte sur « Kiera », une compagne virtuelle alimentée par l’IA conçue pour susciter des conversations positives de réminiscence autour des souvenirs d’enfance et réduire ainsi le sentiment de solitude.
 
Dans le cadre de l’étude, Mme Tober a comparé les interactions avec Kiera sur un écran d’ordinateur standard et au moyen d’un casque de réalité virtuelle (RV). Les résultats n’ont révélé aucune différence significative entre les deux approches. Les résidents en soins de longue durée et les patients en soins transitoires ont évalué leur sentiment de présence avec Kiera aussi positivement sur un écran d’ordinateur qu’au moyen d’un casque de RV. Cela laisse croire qu’une technologie hautement immersive n’est pas nécessaire pour interagir avec un compagnon virtuel. Cette constatation s’avère prometteuse sur le plan de l’accessibilité, puisque l’utilisation sur écran est moins coûteuse et plus facile à mettre en œuvre que l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle.
 
Toutefois, l’immersion s’avérait quand même importante pour certains.
 
« La réalité virtuelle immersive pourrait être particulièrement pertinente pour les personnes qui se sentent plus seules », explique Mme Tober au sujet de ses constatations. « Les personnes présentant un niveau de solitude plus élevé au départ semblaient tirer davantage profit des interactions avec Kiera et ressentaient un plus grand sentiment de présence sociale avec le casque de RV qu’avec l’ordinateur. »
 
C’est surtout la profondeur de l’engagement qui a retenu l’attention. Certains participants ont parlé avec Kiera pendant près d’une heure. Plusieurs ont indiqué que, même si les membres de leur famille et les proches aidants se soucient énormément d’eux, ils n’ont pas toujours le temps de participer à de longues conversations de réminiscence.
 
« Même lorsqu’une personne raconte une histoire pour la trentième fois, Kiera demeure infiniment patiente et enthousiaste. Elle invite les gens à partager leurs souvenirs comme si elle les entendait pour la toute première fois », souligne Mme Tober. « J’espère que ce sera une bonne façon pour les personnes âgées de sentir qu’elles ont toujours quelqu’un à qui parler, qu’elles sont vraiment écoutées et qu’elles reçoivent une stimulation cognitive additionnelle. »
 
Alors que Mme Tober s’apprête à commencer un doctorat à l’université d’Oxford sur l’IA conversationnelle à reconnaissance vocale destinée aux personnes souffrant de paranoïa, son travail chez Santé Bruyère met en évidence le potentiel prometteur de l’IA comme complément aux soins prodigués par les humains. Elle accorde une attention particulière à la sécurité, à l’éthique et aux liens sociaux. En conséquence, elle estime que ces technologies pourraient devenir plus accessibles, mieux comprendre les états émotionnels et constituer des outils précieux pour lutter contre la solitude chez les personnes âgées.


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