Les traitements anti-amyloïdes, notamment le lécanémab et le donanémab, sont des traitements approuvés par Santé Canada pour les personnes atteintes de troubles cognitifs légers (TCL) ou de démence légère due à la maladie d’Alzheimer. Ces médicaments sont des traitements modificateurs de la maladie (TMM), ce qui signifie qu’ils agissent pour ralentir les altérations sous-jacentes du cerveau associées à la maladie d’Alzheimer et peuvent contribuer à retarder l’aggravation des symptômes au fil du temps.
Ces traitements sont administrés par perfusion intraveineuse (IV) à intervalles réguliers, selon un calendrier spécifique qui dépend du médicament. La durée et la fréquence du traitement peuvent être adaptées en fonction de la réponse de chaque patient, des résultats des contrôles et des recommandations cliniques. Le traitement peut être interrompu lorsque les objectifs thérapeutiques ont été atteints ou s’il n’est plus jugé bénéfique.
Les critères d’admissibilité pour bénéficier d’un traitement anti-amyloïde sont très stricts. On estime que seuls 10 % des patients qui ont été évalués pour des troubles cognitifs répondent aux critères pour recevoir le traitement. Le médecin déterminera l’admissibilité au traitement en fonction du diagnostic, des antécédents médicaux et des résultats de tests (sanguins et imagerie) du patient.
Il y a trois principaux facteurs à considérer pour l’admissibilité au traitement anti-amyloïde :
- Stade de la maladie : Le patient doit avoir un trouble cognitif léger ou une démence légère (au stade précoce) causés par la maladie d’Alzheimer.
- Génotype : Un patient porteur de deux exemplaires de l’allèle du gène de l’apolipoprotéine E ε4 (ApoE ε4) ne peut pas recevoir le médicament; il courrait un risque très élevé de développer des réactions indésirables, appelées « anomalies d’imagerie liées aux dépôts amyloïdes ».
- Confirmation du diagnostic : La pathologie amyloïde doit être confirmée au moyen d’une tomographie par émission de positons ou une étude du liquide céphalorachidien. De plus, le patient doit avoir des images de résonance magnétique (IRM) récentes pour référence ultérieure avant le début du traitement.
Certains résultats d’imagerie cérébrale, la prise de certains médicaments et des comorbidités graves peuvent rendre les patients inadmissibles au traitement.
Il est important que les patients comprennent que les traitements anti-amyloïdes comportent un risque connu de réactions indésirables graves appelées « anomalies d’imagerie liées aux dépôts amyloïdes », qui peuvent comprendre un œdème cérébral et une hémorragie cérébrale. Les patients admissibles au traitement doivent faire l’objet d’une surveillance médicale étroite, notamment des IRM, pour garantir leur sécurité tout au long du traitement.
Les traitements anti-amyloïdes sont administrés par perfusion intraveineuse dans une veine du bras, toutes les deux à quatre semaines.
Chaque perfusion dure environ une heure.
Les perfusions font l’objet d’une surveillance étroite. La plupart des réactions indésirables sont bénignes et peuvent facilement être traitées par une infirmière. Le médecin interviendra si la réaction est jugée grave.
À l’heure actuelle, les patients doivent payer eux-mêmes les traitements anti-amyloïdes, car ils ne sont pas pris en charge par le système de santé public ni par les compagnies d’assurance privées au Canada. Cela veut dire que, pour l’instant, les personnes admissibles à recevoir ce médicament doivent le payer de leur poche.
En juillet 2026, l’Agence des médicaments du Canada (CDA-AMC) a recommandé que les régimes publics d’assurance-médicaments prennent en charge un traitement anti-amyloïde. Au Canada, il peut s’écouler jusqu’à deux ans après l’approbation réglementaire pour qu’un nouveau médicament soit couvert par le régime public, tandis que les personnes qui ont une assurance privée ou complémentaire y ont souvent accès beaucoup plus rapidement.
Pour sa part, la Société Alzheimer du Canada réclame l’accélération et la meilleure coordination de ces processus de remboursement afin que tous les Canadiens aient un accès rapide et équitable au traitement.
Les patients de la clinique de la mémoire Santé Bruyère qui sont admissibles au traitement et qui souhaitent le recevoir seront aiguillés vers un programme de soutien aux patients qui les mettra en contact avec un centre de perfusion communautaire pour recevoir le traitement près de chez eux.
La Clinique de la mémoire Santé Bruyère travaille également avec des partenaires de la région afin de créer un système d’aiguillage permettant de recenser les patients admissibles et intéressés, favorisant ainsi un accès équitable aux soins dans notre région.