Corrélation entre la dépression clinique chez les aînés et un sommeil de mauvaise qualité
19/03/2026
Les aînés qui dorment mal ont 1,6 fois plus de risques de souffrir de dépression dans les six années qui suivent.
La qualité du sommeil ne se limite pas à un simple sentiment de repos; elle peut également avoir une incidence sur la santé mentale à long terme. Une nouvelle étude publiée dans la revue Sleep Medicine a révélé qu’un sommeil de mauvaise qualité chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées pourrait permettre de prédire leur risque de développer une dépression clinique plus tard dans leur vie.
Les chercheurs ont comparé les données relatives au sommeil et à la santé mentale recueillies après six ans de suivi auprès de 14 000 participants âgés de 55 à 86 ans issus de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement. Ces participants ne présentaient aucun antécédent de dépression.
Les personnes ayant déclaré souffrir d’un sommeil de mauvaise qualité présentaient un risque 1,6 fois plus élevé de signaler l’apparition d’une dépression clinique lors d’un suivi que celles qui se disaient très satisfaits de leur sommeil. De plus, celles qui se disaient simplement satisfaites de leur sommeil présentaient un risque 1,2 fois plus élevé de signaler des symptômes de dépression que celles qui se disaient très satisfaites de leur sommeil.
« Nous constatons qu’un sommeil de mauvaise qualité pourrait ne pas être seulement un symptôme de dépression, mais aussi un facteur prédictif de celle-ci », a déclaré Samia Salame, assistante de recherche à l’Institut de recherche Santé Bruyère et auteure principale de l’étude. « La bonne nouvelle, c’est que cela signifie qu’améliorer ses habitudes et son hygiène de sommeil pourrait contribuer à réduire le risque de dépression chez les personnes âgées. »
Le fait de dormir très peu (moins de quatre heures) ou très longtemps (plus de dix heures) était également associé à un risque accru de développer une dépression à l’avenir, par rapport au fait de dormir sept à huit heures par nuit. Les troubles du sommeil et les symptômes associés, comme les difficultés à s’endormir ou les signes d’apnée du sommeil, contribuaient également au risque de dépression.
« La dépression est l’un des troubles psychiatriques gériatriques les plus courants », a déclaré Mme Salame. Elle explique que la dépression chez les personnes âgées tend à être plus chronique et récurrente que celle observée chez les personnes dans la mi-cinquantaine. « La dépression peut être un signe précoce de déclin cognitif et elle constitue un facteur de risque de troubles plus graves, comme la démence. Un dépistage et une prise en charge précoces peuvent aider à prévenir ou à retarder l’apparition de conséquences plus graves sur la santé des aînés. »
*Cette étude a été financée en partie par les Instituts de recherche en santé du Canada.