Le lécanémab est un médicament homologué par Santé Canada comme traitement aux troubles légers de la mémoire ou de la pensée (troubles cognitifs légers) ou la démence à un stade précoce causée par la maladie d’Alzheimer. C’est un type de médicament appelé traitement modificateur de l’évolution de la maladie, soit une classe de médicaments qui ralentissent les changements dans le cerveau, qui entraînent progressivement une aggravation des symptômes.
Le lécanémab se donne par voie intraveineuse une fois toutes les deux semaines. Après environ dix-huit mois de traitement, l’horaire d’administration peut être réduit à une fois toutes les quatre semaines, mais il peut aussi être cessé plus tôt, selon le cas.
Les critères d’admissibilité sont assez stricts. On estime que seuls 10 % des patients qui ont été évalués pour des troubles cognitifs se qualifient pour recevoir le traitement. En fonction du diagnostic, des antécédents médicaux et des résultats de tests (sanguins et imagerie) du patient, le médecin déterminera l’admissibilité au traitement.
Il y a trois principaux facteurs à considérer pour le traitement au lécanémab :
- Stade de la maladie : Le patient doit avoir un trouble cognitif léger ou une démence légère (au stade précoce) causés par la maladie d’Alzheimer.
- Génotype : Un patient porteur de deux exemplaires de l’allèle du gène de l’apolipoprotéine E ε4 (ApoE ε4) ne peut pas recevoir le médicament; il courrait un risque très élevé de développer des réactions indésirables, appelées « anomalies d’imagerie liées aux dépôts amyloïdes ».
- Confirmation du diagnostic : La pathologie amyloïde doit être confirmée par tomographie par émission de positons ou une étude du liquide céphalorachidien. De plus, le patient doit avoir des images de résonance magnétique (IRM) récentes pour référence ultérieure avant le début du traitement.
Certains résultats d’imagerie cérébrale, la prise de certains médicaments et des comorbidités graves peuvent disqualifier les patients à ce traitement.
Il est important que les patients comprennent que le lécanémab comporte un risque de réactions indésirables graves appelées « anomalies d’imagerie liées aux dépôts amyloïdes », qui peuvent comprendre un œdème cérébral et une hémorragie cérébrale. Les patients admissibles au traitement doivent faire l’objet d’une surveillance médicale étroite, notamment une IRM, par souci pour leur sécurité tout au long du traitement.
Le lécanémab se donne par injection intraveineuse dans une veine du bras, toutes les deux semaines.
Chaque perfusion dure environ une heure.
Les perfusions font l’objet d’une surveillance étroite. La plupart des réactions indésirables sont bénignes et peuvent facilement être traitées par une infirmière. Le médecin interviendra si la réaction est jugée grave.
À l’heure actuelle, les patients doivent eux-mêmes payer ce médicament, car il n’est pas financé ni remboursé par les programmes publics de médicaments de l’Ontario ni par le système de soins de santé public du Canada. Cela veut dire que, pour l’instant, les personnes admissibles à recevoir ce médicament doivent le payer de leur poche.
L’Agence des médicaments du Canada est en train d’étudier la possibilité que le gouvernement paie pour le lécanémab. Si c’est approuvé, les provinces et territoires devront s’entendre sur le coût et la part payée par les régimes d’assurance.
Au Canada, il peut s’écouler jusqu’à deux ans après l’approbation réglementaire pour qu’un nouveau médicament soit couvert par le régime public, tandis que les personnes qui ont une assurance privée ou complémentaire y ont souvent accès beaucoup plus rapidement.
Les patients de la clinique de la mémoire de Santé Bruyère qui sont admissibles au traitement par lécanémab et qui s’y intéressent seront aiguillés vers un programme de soutien aux patients qui les mettra en contact avec un centre de perfusion communautaire pour recevoir le traitement près de chez eux.
La clinique de la mémoire de Santé Bruyère travaille également avec des partenaires de la région afin de créer un système d’aiguillage permettant de recenser les patients admissibles et intéressés, favorisant ainsi un accès équitable aux soins dans notre région.
Les outils pour établir l’admissibilité, appuyer la prise de décision clinique et faciliter l’aiguillage sont tous en développement.